10/02/2026 - Morning Mood
Le seul échec est de ne pas essayer
Une semaine chargée en catalyseurs macro
Les marchés tiennent bon. Malgré l'incertitude ambiante, les indices américains affichent une résilience remarquable : le Nasdaq clôture à +0,8 %, le S&P 500 à +0,5 %, et le Dow Jones grappille un modeste +0,04 % — mais reste l'indice le plus solide du trio sur les dernières séances.
Cette semaine s'annonce décisive côté publications macroéconomiques. Aujourd'hui mardi, on commence "tranquillement" avec les ventes au détail US à 14h30. Mais le vrai double combo arrive vite :
- Mercredi : le NFP (Non-Farm Payrolls), le rapport mensuel sur l'emploi américain. L'enjeu ? Savoir si l'économie US tient la route — et surtout si les chiffres tombent dans cette zone idéale : assez bons pour écarter le spectre de la récession, mais pas trop pour laisser la porte ouverte à la Fed.
- Vendredi : l'inflation US (CPI), attendue à 2,5 % contre 2,7 % le mois précédent. Un repli de l'inflation, c'est exactement ce qu'il faut pour valider le scénario de la double baisse des taux anticipée par le marché d'ici fin 2025.
Ce scénario de baisse des taux, c'est aussi ce que souhaite Donald Trump, et probablement le futur patron de la Fed, Kevin Warsh — qui, ironie de l'histoire, était autrefois plutôt anti-baisse des taux et a depuis changé de cap. La transition à la tête de la Réserve fédérale devrait s'opérer au mois de mai.
Le marché tient, mais ce n'est pas le moment de foncer tête baissée
Ce qui est frappant, c'est la capacité du marché à encaisser les secousses. Les valorisations sont stratosphériques sur la tech, il y a parfois des grains de sable dans la machine… et pourtant le rouleau compresseur avance. Les replis restent contenus et les acheteurs reviennent vite.
Côté matières premières, l'or et l'argent ont connu des replis en direction de leurs MM50 daily — une zone technique surveillée de près. L'or reste plus lisible et moins manipulable que l'argent sur ces niveaux.
Le taux à 10 ans US retombe légèrement à 4,2 %, rien de spectaculaire, mais suffisant pour ne pas peser davantage sur les actions.
Le message clé de ce matin : prudence et progressivité.
Sur les indices, payer ces niveaux-là n'est pas confortable. Le S&P 500 affiche zéro de performance depuis fin octobre. Empiler des positions en se disant "tout va exploser à la hausse"… c'est un pari risqué. Quand on est sur les plus hauts historiques, le marché est tout à fait capable de lâcher 2 % dans la journée sans prévenir.
Les opportunités sont dans les secteurs et les zones géographiques
Si les indices globaux ne donnent pas envie de se positionner agressivement, il y a en revanche des poches d'opportunités bien identifiées.
Le secteur de la défense reprend du poil de la bête
L'ETF défense éligible PEA a repris quasiment +3 %. Les valeurs comme Thales (deuxième plus forte hausse du CAC hier) ou Lockheed Martin tiennent remarquablement bien. C'est un secteur qui offre des points d'entrée intéressants sur les replis — on a d'ailleurs eu un pullback parfait sur la MM50 daily récemment.
STMicroelectronics décroche un méga-contrat
STM a signé un contrat de plusieurs milliards avec AWS (Amazon Web Services) pour fournir des semi-conducteurs. Résultat : +10 % en séance, clôture à +9 %. Ce type de catalyseur rappelle une réalité importante : au-delà de la macro et de la géopolitique, les entreprises avancent. Elles signent des contrats, elles génèrent du chiffre.
Le secteur bancaire européen carbure
Société Générale +3 %, Crédit Agricole +2 %, BNP Paribas +1 % après d'excellentes publications. Le secteur bancaire reste un moteur pour le CAC et les indices européens.
Le luxe sous surveillance
Kering publie aujourd'hui — un événement à suivre de près puisque les résultats vont impacter l'ensemble du secteur du luxe. Pour l'instant, le secteur ne s'en sort pas si mal que ça.
Hors de France, des indices plus propres
Le FTSE 100 (indice anglais) tient très bien. Le Nikkei au Japon aussi. Des marchés techniquement plus propres que le CAC, qui reste dans une zone compliquée autour des 8 200 – 8 300 points.
La méthode : être progressif, toujours
C'est peut-être la leçon la plus importante de ce Morning Mood : dans ce type de marché, l'approche progressive est reine.
Concrètement, ça veut dire quoi ?
Sur les entrées : tu ne mets pas levier max en espérant avoir raison immédiatement. Tu y vas avec des tailles de position faibles. Si le marché te donne raison, tu augmentes. Sinon, tu coupes vite et tu passes à autre chose.
Sur les sorties : même logique. On ne cherche pas à tout vendre au point haut ni à tout acheter au point bas. Sur les cryptos par exemple, le point bas de l'Ether n'a pas été attrapé — à 1 400 $, le portefeuille était déjà 100 % investi. Par contre, à 4 800 $, 70 % de l'exposition a été sortie. C'est ça, la gestion progressive.
Sur le dollar : tout le monde crie que le dollar est attaqué, que c'est fini. C'est toujours la même histoire. Comme sur le Bitcoin — tout le monde en veut à 125 000 $, mais à 50 000 – 60 000 $, plus personne n'en voulait. Ces biais psychologiques sont normaux, mais il faut les reconnaître pour ne pas les subir.
Sur le carnet de bord : des heures ont été passées hier à actualiser un PDF de 40-50 pages, sans IA, à la main. Cette vision à 360° sur les marchés, c'est ce qui permet d'éviter les bêtises. À une époque où tout le monde est tenté de laisser ChatGPT répondre à sa place, prendre le temps de réfléchir par soi-même reste un avantage compétitif énorme.
La citation du jour : Lindsey Vonn et le courage d'oser
Pour finir sur une note inspirante, retour sur Lindsey Vonn. Tu te souviens probablement de sa participation aux Jeux olympiques malgré l'absence de ligament — un choix que beaucoup avaient qualifié de folie. Sa chute à la 13e seconde n'avait en fait rien à voir avec ses ligaments : elle s'est pris une porte dans le bras et a dévissé. Fracture du tibia, opérations multiples.
Et pourtant, son message après coup est d'une force incroyable. Elle ne retient que le positif — le sentiment de dingue d'être sur la ligne de départ, l'adrénaline, le rêve vécu jusqu'au bout.
« Comme sur les courses de ski, comme dans la vie, on prend des risques, on rêve, on aime et parfois, on tombe. Parfois, nos cœurs sont brisés. Parfois, nous ne réalisons pas les rêves que nous savons que nous pourrions avoir. Mais c'est aussi ça la beauté de la vie. »
« J'espère que si vous enlevez quelque chose de mon voyage, c'est que vous avez tous le courage d'oser grandement. La vie est trop courte pour ne pas prendre de risque. Parce que le seul échec dans la vie est de ne pas essayer. »
Ce qu'il faut retenir
Ce sont les difficultés qui nous façonnent. Ce sont les échecs qui nous font apprendre — pas les réussites. Ça ne veut pas dire qu'il faut collectionner les échecs, mais qu'il faut persévérer, aller au bout de ses convictions, et surtout s'entourer de personnes positives et constructives qui nous tirent vers le haut.
En trading comme dans la vie : le seul vrai échec, c'est de ne pas essayer.
Bonne journée à tous. On se retrouve très vite. 🚀