23/01/2026 - Morning Mood
L'économie US trop forte, Intel douche la Tech et l'Or à presque 5000$ !
Nous sommes le vendredi 23 janvier 2026, c'est la dernière ligne droite de la semaine. L'ambiance sur les marchés est marquée par une résilience à toute épreuve ("on ne lâche rien") malgré un contexte financier et géopolitique complexe. Ce point de marché matinal met en lumière une dichotomie frappante : d'un côté, une économie américaine qui tourne à plein régime, dopée par la dépense publique et la consommation, et de l'autre, une violence inouïe sur les valeurs technologiques et les entreprises en difficulté.
Macroéconomie US : Une Croissance sous Stéroïdes
L'annonce majeure de cette fin de semaine concerne la publication du PIB américain, dont les chiffres ont surpris par leur vigueur. L'économie américaine affiche une croissance de 4,4 %, un chiffre qualifié de "machine de guerre". Cette performance n'est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe d'une consommation des ménages toujours soutenue et, surtout, d'investissements massifs.
Le moteur de cette croissance repose sur les dépenses publiques, les investissements dans la défense et l'essor continu de l'intelligence artificielle.
La consommation reste le pilier central, bien que soutenue par une "perfusion" de crédit qui inquiète certains observateurs.
L'administration Trump envisage de plafonner les taux d'intérêt des cartes de crédit à 10 % (contre plus de 20 % actuellement), une mesure qui, bien que favorable aux consommateurs, pourrait déstabiliser le secteur bancaire.
Parallèlement à cette croissance, l'inflation reste un sujet de surveillance, mais ne semble pas hors de contrôle. L'indice PCE (Personal Consumption Expenditures), la mesure d'inflation préférée de la Réserve Fédérale, est ressorti à 2,9 % sur douze mois glissants. Ce chiffre est conforme aux attentes et confirme que, si l'inflation n'est pas éradiquée, elle ne justifie pas pour autant une baisse des taux dans l'urgence. Le scénario d'une récession est écarté, laissant place à un environnement de taux durablement élevés, avec peut-être une ou deux baisses anticipées par le marché pour l'année 2026.
L'Or : Une Ascension Parabolique Historique
C'est sans doute le fait marquant de ce début d'année : l'or et l'argent métal connaissent une envolée spectaculaire. L'or, véritable valeur refuge dans ce climat d'incertitude (dette américaine, tensions géopolitiques), ne cesse de battre des records.
L'once d'or frôle désormais la barre psychologique et historique des 5 000 dollars.
La performance sur la seule semaine écoulée est de près de 7 %, un mouvement d'une ampleur rarement vue sur cet actif.
L'argent suit une trajectoire similaire, confirmant un appétit vorace pour les actifs réels face à la dépréciation monétaire.
La recommandation est claire : il est extrêmement dangereux de vouloir "shorter" (vendre à découvert) ce marché sous prétexte qu'il est monté trop haut trop vite. La dynamique est puissante et les vendeurs à découvert se font littéralement "découper".
Saison des Résultats : Le Grand Écart
La saison des publications d'entreprises révèle une sélectivité brutale de la part des investisseurs. Les sanctions boursières sont immédiates et violentes en cas de déception, tandis que la bonne gestion est saluée. Quatre cas d'école illustrent cette tendance cette semaine :
Intel : La douche froide. Le titre a connu une volatilité extrême, gagnant d'abord 11 % avant de s'effondrer de 11 % après la clôture. La cause ? Des prévisions de revenus pour le premier trimestre 2026 situées entre 11 et 12 milliards de dollars, bien loin des 13,5 milliards attendus par le consensus. L'entreprise paie le prix d'un pari stratégique long et coûteux sur les fonderies, aggravé par un manque de visibilité sur les subventions gouvernementales.
Ubisoft : La descente aux enfers. L'éditeur de jeux vidéo français vit ses heures les plus sombres avec une chute de 40 % en une séance. Le groupe a annoncé une perte opérationnelle colossale d'un milliard d'euros et l'annulation de six jeux, dont le remake de Prince of Persia. La confiance est rompue, et le marché spécule désormais sur un rachat à bas prix ("à la casse") par un acteur comme Tencent, l'entreprise ne semblant plus capable de redresser la barre seule.
Société Générale : La restructuration. La banque française voit son cours progresser suite à l'annonce de la suppression de 1 800 postes au siège. Bien que difficile socialement, cette décision est perçue par le marché comme une mesure nécessaire de réduction des coûts pour améliorer la rentabilité.
Michelin : L'excellence opérationnelle. Dans un secteur automobile pourtant difficile, Michelin gagne 3,5 %. Le groupe prouve sa capacité à gérer finement ses stocks et sa politique de prix ("pricing power"), démontrant que la qualité du management reste un critère décisif pour les investisseurs.
Psychologie de l'Investisseur : L'Exemple Tesla
Dans ce maelström boursier, la psychologie joue un rôle prépondérant. L'intervenant revient sur un exemple personnel concernant Tesla pour illustrer l'importance de la conviction et de la méthode face au bruit de marché.
Il rappelle avoir acheté du Tesla vers 160-180 dollars début 2024, à une époque où le consensus était vendeur et où personne ne voulait du titre.
Aujourd'hui, alors que l'action navigue autour des 450 dollars (soit un x3), la stratégie reste la même : ne pas tout vendre, garder une position "cœur" tant que la tendance de fond n'est pas invalidée.
La leçon est qu'il est impossible d'avoir le "timing parfait" (acheter au plus bas, vendre au plus haut). L'objectif est d'accompagner le mouvement de manière progressive.
L'avertissement est de ne pas céder au FOMO (Fear Of Missing Out). Si vous n'êtes pas à l'aise avec les niveaux actuels des indices ou de certaines valeurs tech, il est préférable de s'abstenir plutôt que d'investir sous le coup de l'émotion.
Niveaux Techniques et Conclusion
Sur le plan technique, les indices européens et américains évoluent dans des zones clés.
Le CAC 40 gravite autour des 8 200 points, toujours dans son range de moyen terme.
Le DAX allemand se maintient sur les 24 500 points, un ancien plafond devenu support.
Les taux obligataires américains à 10 ans remontent vers 4,25 %, signalant que le marché intègre une croissance résiliente et une inflation persistante.
Pour cette fin de journée, les regards se tourneront vers les indices PMI (enquêtes auprès des directeurs d'achat) publiés à partir de 9h00, qui donneront un aperçu "terrain" de la santé économique réelle, au-delà des grands agrégats macroéconomiques. La prudence reste de mise, mais l'optimisme est permis pour ceux qui savent sélectionner leurs dossiers. Bon week-end à toutes et à tous.