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04/01/2026 - Général

USA vs Venezuela : quel impact sur le pétrole ?

2 janvier 2026 : le point de bascule

Le 2 janvier 2026, le monde bascule. L’armée américaine intervient au Venezuela pour capturer Nicolás Maduro. Le pays, le Venezuela donc, possède à lui seul 17 % des réserves mondiales de pétrole. Et ça vient de changer de régime en pas moins de 48 heures.

Et là, c’est vrai que tout le monde se dit :

« Le pétrole va exploser, on va voir le baril à 200 dollars. »

Eh bien, au moment où je vous parle, le pétrole est en train de baisser.

Alors, désillusion ou logique ?

Le paradoxe vénézuélien

Le Venezuela a sous les pieds pas moins de 300 milliards de barils de pétrole. Oui, oui, oui.

Aujourd’hui, avec un peu plus de 100 millions de barils par jour consommés dans le monde, le Venezuela, lui, fournit moins d’un million de barils par jour.

C’est donc 1 % de l’offre mondiale. Si le Venezuela disparaît demain, l’Arabie saoudite pourrait compenser.

Et pourtant, avec 300 milliards de barils, c’est la plus grosse réserve du monde, devant l’Arabie saoudite et l’Iran.

Pourquoi ce pétrole pose problème

Le premier secret, c’est que le pétrole du Venezuela est complètement dobé. Pour parler techniquement, c’est du pétrole extra-lourd, encore plus lourd que lourd.

Pour les puristes, sa densité est supérieure à 10. Ce n’est même plus vraiment un liquide, c’est du bitume.

Exemple simple

Prends une paille et un soda : ça, c’est le pétrole saoudien. Maintenant, prends un pot de Nutella et fais pareil avec la paille : ça, c’est le pétrole vénézuélien.

Pour l’extraire, il faut injecter de la vapeur d’eau à haute pression pour le liquéfier. Et il est tellement épais qu’il ne circule même pas correctement dans les tuyaux.

Résultat : le Venezuela doit parfois importer du pétrole léger pour le mélanger au sien. C’est un bordel industriel complet.

Grosso modo, ça coûte trois à quatre fois plus cher que d’extraire du pétrole en Arabie saoudite. À 60 dollars le baril, ce n’est pas rentable.

Ce n’est pas une mine d’or noir, c’est un gouffre financier.

Pourquoi le marché n’a pas réagi

Il existe des raffineries capables de traiter ce pétrole, notamment aux États-Unis, dans le golfe du Mexique. Ce sont quasiment les seules au monde.

Mais les marchés avaient déjà l’information. Depuis 2019, les raffineries ne sont plus vraiment adaptées à ce pétrole. Elles importent même du Canada.

Cette intervention en 2026 n’est donc pas un choc, mais la conclusion d’un déclin entamé depuis plus de sept ans.

Effondrement de la production

En 1999, à l’arrivée de Hugo Chávez, le Venezuela produisait 3,5 millions de barils par jour. Aujourd’hui : moins d’un million.

La compagnie nationale PDVSA a servi de tirelire pour les programmes sociaux, sans réinvestissement dans la maintenance. Les puits se bouchent, les tuyaux rouillent, les ingénieurs sont partis.

Il faudrait environ 20 milliards de dollars juste pour maintenir l’existant, et au moins dix ans pour revenir à plus de 3 millions de barils par jour.

À ce jeu-là, des groupes comme Chevron ou Schlumberger pourraient décrocher des contrats sur dix à vingt ans.

Pourquoi le pétrole ne s’envole pas

D’autres producteurs compensent déjà :

  • Guyana : plus de 1,2 million de barils/jour (ExxonMobil)
  • États-Unis : environ 13 millions de barils/jour
  • Brésil : records de production

Jusqu’ici, Nicolás Maduro vendait son pétrole via des bateaux coupant leur GPS pour l’envoyer en Chine. Le pétrole arrivait déjà sur le marché mondial, mais via le marché noir.

L’intervention américaine ne change donc pas le volume, seulement la porte d’entrée.

Enjeu stratégique à long terme

Les États-Unis ne raisonnent pas sur le prix de l’essence demain, mais sur la souveraineté énergétique de la prochaine décennie. La Chine détient une partie des infrastructures vénézuéliennes.

Aujourd’hui, 80 % du pétrole vénézuélien partait en Chine pour rembourser d’anciennes dettes.

Washington veut remettre ce flux dans un cadre conventionnel et supprimer le marché noir, d’autant plus que les raffineries texanes sont conçues pour ce pétrole ultra-lourd. Sans lui, elles tournent mal, voire pas du tout.

Ce qu’il faudra surveiller

  • Un risque de guerre civile au Venezuela
  • Une possible réaction de l’Iran
  • La position de la Chine sur le remboursement des dettes

Conclusion

Le Venezuela possède 300 milliards de barils, prisonniers d’une géologie ultra-complexe et d’une géopolitique instable.

La vraie richesse, ce n’est pas d’avoir du pétrole, mais d’avoir la technologie pour le sortir.

Tu sais tout.

N’oubliez pas le petit pouce vers le haut si ce type de format vous plaît, et on se dit à très vite. Ciao !

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